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Hilkhot Pessah : la recherche du Hamets (Bedikat Hamets) selon la tradition séfarade
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Traditions & Fêtes

Hilkhot Pessah : la recherche du Hamets (Bedikat Hamets) selon la tradition séfarade

Guide complet de la Bedikat Hamets selon le Choulhan Aroukh et les décisionnaires séfarades : quand, comment et avec quelles berakhot procéder.

Judaica3D9 avril 20266 min de lecture15 vues

Introduction : l'obligation de rechercher le Hamets

La recherche du hamets (Bedikat Hamets) est une obligation instaurée par nos Sages afin de s'assurer qu'aucun hamets ne subsiste en notre possession avant Pessah. Cette mitsva trouve son fondement dans le verset : « Sept jours durant, le levain ne se trouvera pas dans vos maisons » (Chémot 12, 19). Le Choulhan Aroukh (Orah Hayim, siman 431) détaille les règles de cette bédika, et les décisionnaires séfarades — le Ben Ich Haï, le Kaf HaHayim et le Rav Ovadia Yossef (zatsal) — en précisent les applications pratiques selon notre tradition.

Le moment de la Bédika

Le Choulhan Aroukh (O.H. 431, 1) tranche que la bédika s'effectue la nuit du 14 Nissan, dès la tombée de la nuit (tsét hakkokhavim). On ne doit pas commencer un repas, ni même étudier la Torah ou entreprendre un travail, à partir d'une demi-heure avant la nuit (O.H. 431, 2), afin de ne pas oublier de procéder à la recherche.

Le Ben Ich Haï (année 1, Parachat Tsav, halakha 1) insiste sur le fait qu'il convient de prier Arvit d'abord, puis de rentrer chez soi pour effectuer immédiatement la bédika, sans se laisser distraire par quoi que ce soit.

Le Kaf HaHayim (431, 5) précise que si l'on a commencé à étudier avant la demi-heure précédant la nuit, on doit tout de même s'interrompre dès la tombée de la nuit pour effectuer la bédika.

La bénédiction et le Bitoul

Avant de commencer la recherche, on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naï Élo-hénou Mélekh haOlam, acher kiddéchanou bémitsvotav vétsivanou al biour hamets ». Le Choulhan Aroukh (O.H. 432, 1) explique que l'on dit « al biour hamets » et non « al bedikat hamets », car la finalité de la recherche est l'élimination (biour) du hamets.

Après la bédika, on procède à la première annulation du hamets (Bitoul Hamets) en récitant la formule en araméen : « Kol hamira vahami'a… ». Le Choulhan Aroukh (O.H. 434, 2) précise qu'il faut comprendre ce que l'on dit. Le Rav Ovadia Yossef (Hazon Ovadia, Hilkhot Pessah, p. 56) recommande à celui qui ne comprend pas l'araméen de réciter l'annulation en hébreu ou dans sa langue maternelle, afin que le bitoul soit valide.

Les instruments de la Bédika

Le Choulhan Aroukh (O.H. 433, 1) prescrit d'effectuer la recherche à la lueur d'une bougie de cire (nér chel chaava) à une seule mèche. On n'utilise pas de torche (avouqa), car elle ne permet pas d'inspecter les recoins.

Le Kaf HaHayim (433, 18) rapporte la coutume de prendre également une plume d'oiseau pour balayer le hamets trouvé, ainsi qu'un sac ou un récipient en bois pour le recueillir. Le Ben Ich Haï (Tsav, 4) ajoute qu'il est d'usage de déposer dix morceaux de pain (patitim) enveloppés dans du papier dans différents endroits de la maison, avant la bédika. Cette coutume, solidement ancrée chez les Séfarades, permet de s'assurer que la bénédiction ne sera pas prononcée en vain. Le Rav Ovadia Yossef (Hazon Ovadia, p. 48) valide cette pratique tout en précisant que, bédié'avad, même si l'on ne trouve aucun hamets, la bénédiction n'est pas considérée comme vaine, car la mitsva réside dans l'acte de recherche lui-même.

Peut-on utiliser une lampe électrique ?

Le Rav Ovadia Yossef (Yéhavé Da'at, tome 1, siman 4 ; Hazon Ovadia, p. 44) tranche qu'il est préférable d'utiliser une bougie de cire conformément au Choulhan Aroukh, mais que dans les endroits où il y a un risque d'incendie (placards, armoires, rideaux), on peut compléter la recherche à l'aide d'une lampe de poche. On commence néanmoins la bédika avec la bougie afin de réciter la bénédiction sur l'instrument prescrit par les Sages.

Les endroits à vérifier

Le Choulhan Aroukh (O.H. 433, 3) enseigne que toute pièce dans laquelle on a pu introduire du hamets au cours de l'année doit être inspectée : chambres, cuisine, salon, cave, garage, bureau, véhicule. Les trous et fissures dans les murs, les poches de vêtements, les cartables des enfants et les tiroirs doivent également être vérifiés.

Le Kaf HaHayim (433, 24) précise que les endroits en hauteur, inaccessibles normalement, n'ont pas besoin d'être vérifiés, car on n'y introduit pas de hamets. De même, un endroit qui a été nettoyé à fond avant le soir du 14 doit tout de même faire l'objet d'une bédika sommaire, car l'obligation reste en vigueur (O.H. 433, 11).

Les règles de parole pendant la Bédika

Le Choulhan Aroukh (O.H. 432, 1) stipule qu'entre la bénédiction et le début effectif de la recherche, il est interdit de parler, même de sujets liés à la bédika. Une fois la recherche commencée, on peut parler uniquement de ce qui concerne la bédika. Le Ben Ich Haï (Tsav, 5) ajoute que l'on doit s'efforcer de rester concentré et de ne pas se distraire par des conversations inutiles pendant toute la durée de la recherche.

Le lendemain matin : le Biour Hamets

Le matin du 14 Nissan, on brûle le hamets trouvé lors de la bédika (Sréfat Hamets) avant la fin de la cinquième heure solaire (O.H. 445, 1). Le Rav Ovadia Yossef (Hazon Ovadia, p. 72) précise que les Séfarades suivent l'avis du Maguen Avraham pour le calcul des heures solaires (chaot zémaniyot) à titre de 'houmra, mais que l'on peut se fier aux horaires publiés par les communautés locales.

Après avoir brûlé le hamets, on récite le second Bitoul — cette fois-ci pour tout hamets, connu ou non : �� Kol hamira vahami'a… délaa hazitéh oudélaa viartéh… ».

Conclusion pratique

  • La veille du 14 Nissan au soir : prier Arvit, puis effectuer immédiatement la bédika à la bougie après la bénédiction « al biour hamets ».
  • Préparer : bougie, plume, sac, et dix morceaux de pain enveloppés.
  • Vérifier toutes les pièces où du hamets a pu se trouver, y compris la voiture et le bureau.
  • Réciter le premier Bitoul immédiatement après la bédika.
  • Le 14 au matin : brûler le hamets avant la fin de la 5e heure, puis réciter le second Bitoul.
  • Ne pas parler de sujets étrangers à la bédika pendant la recherche.

Que le mérite de cette mitsva, accomplie selon la tradition de nos maîtres séfarades, nous protège et nous conduise à célébrer Pessah dans la joie, la pureté et la liberté véritable. Tizkou léchanim rabot !

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